Le « No Bed Challenge » : Services d’Urgences saturés
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Les services d’urgences français ont enregistré une hausse globale de leur activité en 2024, avec 16,1 millions de passages recensés, soit une augmentation de 1,9 % par rapport à l’année précédente. Toutefois, cette évolution cache de fortes disparités régionales et démographiques, notamment une progression préoccupante du nombre de patients âgés de plus de 75 ans, qui pèse sur des structures déjà sous tension.
L’année 2024 a vu une augmentation modérée mais constante du recours aux urgences, confirmant la tendance observée ces dernières années. Ce phénomène s’explique en partie par la difficulté d’accès aux soins de premier recours et par l’adaptation des structures hospitalières aux nouvelles organisations de soins.
Le nombre de patients âgés de 75 ans et plus a progressé de 5 %, alors que leur part dans la population ne connaît pas une croissance aussi rapide. Cette évolution met en lumière le manque de solutions alternatives à l’hôpital pour ces patients souvent en situation de fragilité. En parallèle, le nombre de passages en pédiatrie a légèrement progressé de 0,8 %, représentant 24,7 % des passages totaux.
Les flux patients ont varié selon les heures et les jours de la semaine :
Fonctionnement de la permanenceDans le contexte des urgences et de l’organisation du système de santé en France, la permanence des soins (PDS) désigne l’organisation mise en place pour garantir l’accès à un médecin en dehors des horaires habituels d’ouverture des cabinets, c’est-à-dire :
La PDS peut être assurée soit par des médecins libéraux de garde, soit par des structures hospitalières, notamment les services d’urgences. Dans le rapport de la FEDORU, il est indiqué que 43 % des arrivées aux urgences ont eu lieu pendant ces horaires de PDS, ce qui souligne à la fois le rôle central des urgences dans la prise en charge hors horaires ouvrables, mais aussi les limites d’accès à une réponse médicale de ville en dehors des heures classiques. |
En termes de gravité, seulement 2 % des patients présentaient un pronostic vital engagé (CCMU 4 et 5), tandis que 13 % ont nécessité un simple examen clinique. Ces chiffres posent à nouveau la question de l’adéquation entre la nature des soins requis et les ressources mobilisées aux urgences.
La CCMU, ou Classification Clinique des Malades aux Urgences, est une échelle utilisée par les médecins urgentistes pour évaluer la gravité de l’état d’un patient au moment de son passage aux urgences.
Elle comporte 5 niveaux, allant de la situation la moins grave à la plus critique :
CCMU 2 et 3 réunis représentent 85 % des passages : Bien que la répartition exacte entre CCMU 2 et CCMU 3 ne soit pas précisée dans le rapport, on peut affirmer que la très grande majorité des passages relèvent de situations non vitales, mais nécessitant tout de même un acte ou une évaluation médicale approfondie. Dans les chiffres FEDORU 2024, les niveaux CCMU 4 et 5 représentent les cas les plus graves observés aux urgences, correspondant à 2 % des passages tous âges confondus, et jusqu’à 4 % chez les patients de 75 ans et plus. Ces niveaux traduisent une situation où la vie du patient est en danger immédiat. |
La durée moyenne de passage reste un indicateur clé de la tension hospitalière :
Enfin, si 66 % des patients sont repartis à domicile après leur prise en charge, ce taux tombe à 42 % pour les patients de plus de 75 ans, confirmant la saturation des services hospitaliers en aval.
Les données RPU de 2024 révèlent que malgré les réformes et les efforts de régulation du flux de patients, les urgences restent sous pression. L’augmentation du nombre de patients âgés, couplée à des solutions d’aval insuffisantes, allonge les délais de prise en charge et participe à la saturation des établissements de santé.
Face à la hausse du nombre de passages aux urgences, les établissements de santé doivent adapter leurs infrastructures. De nombreux hôpitaux modernisent leurs locaux, augmentent le nombre de lits en aval et investissent dans de nouveaux équipements pour fluidifier la prise en charge.
L’expérimentation de « services d’urgence modulaires », capables d’absorber les flux en période de forte affluence ou une forte hétérogénéité des motifs de recours, fait partie des pistes explorées pour répondre à ces défis. Ce modèle repose sur une structuration des urgences en plusieurs modules fonctionnels, chacun correspondant à un niveau de gravité ou à un type de prise en charge. L’objectif est de mieux orienter les patients dès leur arrivée, selon la sévérité de leur état et leurs besoins médicaux.
Voici généralement comment s’articule un service d’urgence modulaire :
• un module d’accueil et d’orientation (avec souvent une infirmière dite « d’accueil et d’orientation » – IAO),
• un module de prise en charge rapide pour les cas bénins (souvent appelé « fast track »),
• un module de médecine d’urgence générale,
• un module d’urgence vitale ou de réanimation pour les cas graves,
• un secteur de déchoquage pour les urgences vitales immédiates,
• et parfois un secteur d’observation (UHCD – unité d’hospitalisation de courte durée) permettant de garder un patient sous surveillance quelques heures.
Cette modularité vise à fluidifier les parcours, à réduire les temps d’attente, et à mieux adapter les ressources humaines et techniques aux besoins réels des patients.
La classification clinique des malades permet d’orienter efficacement les patients en fonction de la gravité de leur état. En France, le triage repose sur des protocoles standardisés visant à hiérarchiser les soins. Cependant, des marges d’amélioration existent, notamment grâce à l’intelligence artificielle et aux outils de pré-diagnostic qui pourraient réduire les erreurs d’orientation et optimiser les ressources disponibles au sein des services des urgences.
L’enjeu est donc double : améliorer l’orientation des patients vers les structures adaptées et renforcer les alternatives hospitalières, notamment pour les personnes âgées. Les données collectées par la FEDORU joueront un rôle clé dans cette réflexion pour adapter les organisations et améliorer l’accès aux soins dans un contexte de forte demande.
La FEDORU, un acteur clé du suivi des urgencesLa Fédération des Observatoires Régionaux des Urgences (FEDORU) est une association créée en 2013 qui regroupe 13 régions autour d’un objectif commun : améliorer la prise en charge des patients aux urgences. Grâce aux données des Résumés de Passage aux Urgences (RPU) transmises quotidiennement par les établissements de santé, la FEDORU analyse et met en lumière les tendances et les défis du secteur. Son travail permet de guider les politiques publiques et d’optimiser l’organisation des soins d’urgence en France. 👉 Plus d’informations sur www.fedoru.fr |
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