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Fake injectors, complications graves, explosion du tatouage et quête obsessionnelle de l’image : la séance des Mardis de la chirurgie, organisée à l’Académie nationale de chirurgie le 5 mars dernier, a dressé un panorama sans complaisance des dérives actuelles de la médecine et de la chirurgie esthétique. Retour sur les principales problématiques soulevées par les intervenants.
Les filtres des réseaux sociaux imposent une esthétique standardisée qui influence directement la demande en chirurgie plastique. De plus en plus de patients se présentent en cabinet avec des images retouchées comme référence, espérant une transformation identique. Cette confusion entre image virtuelle et réalité alimente des attentes irréalistes et pose un défi éthique aux praticiens, qui doivent accompagner leurs patients vers une approche plus raisonnée des interventions.
De plus, l’omniprésence des influenceurs vantant leurs transformations esthétiques alimente une banalisation inquiétante des interventions. Certains patients, séduits par des avant/après spectaculaires, multiplient les actes sans réelle nécessité médicale. Cette surenchère, souvent encouragée par des cabinets peu scrupuleux, pousse à des excès qui fragilisent non seulement l’intégrité physique, mais aussi la santé mentale des patients.
« Nous n’avions jamais vu cela en France », alerte le Dr Adel Louafi, chirurgien plasticien. Ces derniers mois, plusieurs cas de botulisme sévère ont été recensés à la suite d’injections de toxine botulique réalisées illégalement, en dehors de tout cadre médical. Huit patientes en région parisienne ont été hospitalisées en réanimation, présentant des troubles respiratoires et neurologiques majeurs.
Au total, en moins d’un an, 32 cas graves ont été signalés, dont des nécroses nécessitant des amputations partielles du nez ou des lèvres, des abcès récidivants et même un cas suspecté d’accident vasculaire cérébral après embolisation d’acide hyaluronique.
Ces incidents révèlent l’ampleur du phénomène des fake injectors, alimenté par les réseaux sociaux. « J’accueille désormais une quinzaine de patientes par an pour des complications d’injections illégales, avec des séquelles parfois irréversibles », précise le Dr Louafi.
Face à ce fléau, les chirurgiens plasticiens se mobilisent : signalements aux autorités, actions judiciaires, fermeture de comptes d’injectrices illégales sur Instagram, et décret encadrant la vente d’acide hyaluronique, réservé depuis mai 2024 aux seuls médecins, sauf prescription exceptionnelle.
« Le tatouage est devenu un phénomène de société, mais les conséquences sont sous-estimées », avertit le Dr Catherine Bergeret-Galley. Jadis marginal, il est aujourd’hui largement répandu : 36 % des Français sont tatoués, avec une prévalence encore plus forte chez les jeunes adultes.
Les enjeux sont multiples. Sur le plan médical, les risques infectieux persistent (hépatites, VIH), malgré l’amélioration des pratiques. Certains pigments anciens, à base de métaux lourds (mercure, plomb), peuvent également induire des réactions inflammatoires ou granulomateuses.
Le vieillissement cutané déforme les motifs, et le détatouage, lorsqu’il est possible, expose à des cicatrices et à des résultats souvent décevants. « Le tatouage engage le patient pour la vie, souligne le Dr Bergeret-Galley. Il faut alerter sur l’irréversibilité de ce geste et ses implications psychologiques, sociales et professionnelles. »
À l’heure de la médecine esthétique et des solutions non invasives, quelle place reste-t-il à la chirurgie ? Pour le Dr Vladimir Mitz, elle demeure centrale. Les liftings modernes, notamment ceux agissant sur le système musculo-aponévrotique superficiel (SMAS), offrent des résultats durables, de l’ordre de dix à quinze ans, là où les fils tenseurs et autres techniques injectables se limitent à des effets transitoires.
« Nous sommes passés de la chirurgie de surface à une chirurgie profonde et structurée du visage, ce qui garantit un résultat naturel et pérenne », souligne le chirurgien. Si les demandes évoluent, la quête reste la même : restaurer l’harmonie du visage et accompagner le vieillissement sans le nier.
Le Dr Rami Selinger a conclu la séance en interrogeant le rapport contemporain à l’image. Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, la valeur d’un individu semble désormais indexée sur sa visibilité. « On prend de la valeur parce qu’on est montré », citant le philosophe Michel Serres.
La chirurgie esthétique doit alors s’exercer avec mesure, loin des standards imposés par les influenceurs. « Notre métier, c’est la chirurgie de la singularité, qui refuse la standardisation et agit pour réconcilier l’individu avec son image intérieure », insiste le Dr Selinger. Face à des demandes parfois excessives ou irréalistes, le rôle du chirurgien est aussi de savoir dire non, notamment lorsqu’un trouble de l’image ou une dysmorphophobie sont suspectés.
⌜ À retenir ⌟
– Multiplication inquiétante des pratiques illégales : 32 cas graves recensés, huit hospitalisations en réanimation. – Le tatouage, désormais banalisé, pose des problèmes de santé publique et des enjeux psychologiques durables. – La chirurgie du rajeunissement se renouvelle grâce à des techniques profondes, durables et plus naturelles. – La chirurgie esthétique doit rester une médecine de la singularité, protectrice face aux dérives de la standardisation corporelle. |
Source : Conférence « Les mardis de la chirurgie » (Académie nationale de Médecine) : Médecine et chirurgie esthétique via les réseaux sociaux : fake injectors, faux chirurgiens et tourisme medical low cost – 4 mars 2025.
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